Le stress chronique est très répandu. A vrais dire, dans bien des domaines professionnels et étudiants, il est même considéré comme tout-à-fait normal. Le stress chronique est devenu une véritable problématique de société. Mais il existe des solutions au stress chronique ! Alors si toi aussi, tu souffres de stress chronique, commence par te déculpabiliser. Tu n’es ni plus faible ni moins capable de gérer la pression, tu es simplement humain.

 

Qu’est-ce que le stress chronique ?

Le stress chronique consiste en une réponse prolongée de l’organisme à une situation créant une pression complexe et persistante sur le corps et le système nerveux. Le stress est toujours lié à un élément activateur, c’est-à-dire un élément qui va déclencher une réponse du corps. On pense souvent aux éléments activateurs externes : par exemple une situation de mobbing au travail ou les inquiétudes liées à une année universitaire difficile. Mais il est également possible que l’élément activateur soit interne (physique). C’est le cas par exemple des personnes vivant des situations de douleur chronique.

 

Différence entre stress aigu et stress chronique :

Un stress aigu survient lors d’un évènement précis et ponctuel : cela peut par exemple être le cas lors d’un examen ou d’une présentation à donner. C’est une forme de stress qui est passager. Une fois l’événement ou l’action terminé, le système nerveux retrouve son état préalable. Les symptômes sont donc de courte durée, ils ne se prolongent pas sur le long terme.

Le stress chronique n’est pas lié à un événement ponctuel, mais bien à une exposition prolongée à une situation critique. De fait, il perdure dans le temps. Les symptômes ne disparaissent pas rapidement, mais au contraire, ont tendance à se complexifier voir à s’intensifier. Le système nerveux n’arrive plus à retrouver un état de régulation.

 

Des solutions pour le stress chronique

Premièrement, l’état de stress chronique est une réponse tout-à-fait normale à une situation anormale. Deuxièmement, il résulte d’un dérèglement du système nerveux. Il ne sert donc à rien de se forcer ou de repousser toujours plus ses limites. Au contraire, la compassion, la douceur et l’écoute de sois sont tes meilleurs alliés ! Voici 4 outils à utiliser sans modération :

 

  • Fais un bilan et redéfinis tes limites

Tout d’abords, commence par un bilan. Comme le stress est toujours lié à un élément activateur, il est particulièrement utile de se poser la question suivante : quel est (ou quels sont) l’élément activateur (ou les éléments activateurs) dans la situation actuelle ? La deuxième question à se poser est : s’agit-il d’un élément externe, comme une situation de stress au travail ? Ou bien, s’agit-il d’un élément interne ou physique ? Cela peut par exemple être le cas lors d’une maladie, de douleurs chroniques ou encore d’une exposition excessive au bruit.

Ensuite, je te propose de réfléchir à la question des limites. Comment peux-tu redéfinir des limites simples et claires pour diminuer ton exposition à ces éléments activateurs ? Il est souvent possible de mettre en place des petits ajustements (ou des grands suivant les cas, dans ce cas fonce !). Même si cela ne te semble pas grand-chose, c’est étape essentielle car cela envoie un message très positif à ton corps.

 

  • Utilise ton souffle

Lorsque tu respires rapidement, cela envoie le message suivant à ton système nerveux : il y a une urgence, il faut réagir, il faut faire quelque chose. Cela te met donc inconsciemment en état d’activation et d’alerte. C’est très utile si tu dois planter les freins derrière une voiture qui s’arrête brutalement, beaucoup moins s’il s’agit de faire face à une situation  qui dure longtemps (plus de dix minutes à vrais dire). Notre corps est en effet encore configuré pour échapper aux prédateurs, aussi la réponse de notre corps est conçue pour une exposition courte et non pour des pressions continuelles.

Ainsi, il est très utile d’envoyer un autre message au système nerveux : un message rassurant. Pour ce faire, tu peux ralentir ta respiration. Tu peux pour cela effectuer la respiration en carré : en visualisant un carré, tu peux inspirer sur un côté, expirer sur l’autre. Inspirer sur un côté et expirer sur l’autre.

 

  • Donne de la place à tes émotions

Enfin, il y a un élément essentiel : valide tes émotions ! Si tu te sens mal à l’aise avec ton chef au travail, autorise-toi à être mal à l’aise. Autorise-toi à ressentir cette colère si tu te sens injustement traité. Lorsque tu es en colère et angoissé devant ta charge de travail, autorise-toi à le ressentir. Quelle que soit ce que tu vis, quel que soit ton point de vue tu as non seulement le droit de le vivre, mais t’y autoriser va aider ton système nerveux. Il n’y a rien de pire pour le stress chronique que d’invalider ce que l’on vit, minimiser et se pousser toujours plus. Tu as le droit d’être mécontent, fatigué, agacé ou sous pression. Autorise-toi à tout cela.

 

  • Apporte-toi à plus de compassion

Sans rentrer dans les détails dans cet article, le stress chronique est lié à un nerf, appelé nerf vagus. Mais il a également un autre petit nom : le nerf de la compassion. Celui-ci est essentiel car il influence la capacité de ton corps à retourner à l’équilibre suite à une exposition importante au stress. En cas de dérégulation, il va t’être plus difficile de récupérer. Aussi, dans le cadre d’une pression qui dure, ta faculté à gérer le stress peut diminuer grandement, te donnant l’impression d’être plus fragile que les autres. Cela amène souvent de la frustration et de la culpabilité, ce qui malheureusement ne fait qu’empirer l’état de dérégulation. Alors en un mot : cultive la compassion envers toi-même. Sois bienveillant envers ton corps qui fait au mieux.

 

Finalement, nous réagissons tous différemment au stress, selon l’état de notre système nerveux, notre santé, nos antécédents mais aussi le soutien que nous recevons ou non de nos proches. Il est complètement illusoire de se comparer les uns aux autres, ou même de se comparer à soi-même durant une autre période de vie. Nous ne sommes pas responsables de notre système nerveux : il s’agit d’un fonctionnement inconscient. Alors si toi aussi tu souffres de stress chronique, garde à l’idée que tu fais au mieux et que ce n’est pas ta faute. En revanche, et c’est le point à retenir, nous pouvons apprendre à en prendre soin et à le soigner !

Prends soin de toi !

 

Sophie Amandine

 

P.S : pour aller plus loin découvre mon article précédent stress : une question de société