Je travaille à temps plein. A côté, j’écris un livre sur la gestion du stress. Et puis je blogue, comme toujours. Et puis, je termine mon mémoire de Bachelor. Ah oui, ça aussi. 

Alors bon, dans un accès de lucidité extraordinaire, j’ai réussi à mêler mon livre de gestion du stress à mon mémoire de Bachelor. Deux en un. Deux fois plus de pression aussi, parce que vu que c’est mon mémoire, il me faut bien produire … QUELQUE CHOSE. Quelque chose en tout cas, et rapidement. 

 

Ecrire sur la gestion du stress

Donc mon projet de livre était bien lissé. C’était un livre « sérieux », avec des recherches, des exemples, des outils. Sauf que pour écrire un tel livre, il aurait fallu que j’ai du temps et de l’énergie. Bref. La réalité, c’est que mes plages d’écriture chevauchent mon repos : j’écris sur un coin de table à midi en décongelant un plat surgelé, dans les transports, et tard le soir quand j’ai enfin réussi à faire mes courses, mes lessives et j’en passe. Ces moments qui n’ont l’air de rien, ce sont mes moments d’écriture. Et il faut bien que je fasse avec ces moments médiocres. Ces moments où je ne sais même plus comment je m’appelle alors que j’allume mon ordinateur, que mes pâtes sont déjà trop cuites, que je porte le même t-shirt depuis deux semaines et que mes cheveux sont (vraiment) très sales. 

Ces moments là n’ont absolument pas permis l’écriture d’un joli livre de sophrologie, basé sur des recherches et plein de bon sens. J’y ai cru, le premier mois. Le second. Et finalement, j’ai bien du me rendre à l’évidence : non, mon cerveau n’allait pas vivre soudainement une minute de clarté et d’inspiration hors du commun. MES HEURES D’ÉCRITURE SONT DÉSASTREUSES. 

Les jours passant j’ai passablement paniqué, jusqu’au point où je me suis laissé écrire n’importe quoi. En deux semaines, cinq chapitres étaient sur le papier. J’avais écris n’importe quoi, mais ce quelque chose était bel et bien sur le papier. Au point d’épuisement et de plats surgelés où j’en étais, c’était presque une réussite. 

 

L’écriture qui vient du mouvement

Et je me suis dit que j’allais écrire mon sixième chapitre, pour proposer cette ébauche dans mon mémoire. Et ce sixième chapitre est toujours en attente. Je suis devenue extrêmement exigeante envers moi-même. J’ai définis des horaires, me suis assise à mon bureau après le travail alors que mon corps hurlait. Et chaque soir, j’ai désespéré dans l’échec total de finir ma journée sur mon tapis, et non pas sur mon bouquin. Mon corps avait besoin de YOGA, de marche, de course, de contact, DE VIE. DE VIVANT. De vie organique. Alors j’ai échoué encore et encore, et j’ai filmé des vidéos de yoga à la place d’écrire enfin ce chapitre (RV sur Instagram.). Parce qu’au moins je me disais que je faisais quelque chose.

Et cette sensation d’échec est devenu lancinante. Constante. Affreuse. 

Aucune inspiration devant mon écran. RIEN. A me demander si j’avais bien été sophrologue un jour. Avais-je vraiment quelque chose à dire sur le stress ? Et qui étais-je pour en parler ? 

Et puis, le yoga a commencé à me faire bouger. Vraiment bouger. En fait, le yoga a commencé à COMMUNIQUER avec l’écriture. J’ai réalisé que l’écriture faisait partie de mon yoga, et que le mouvement faisait partie de mon écriture. Ce que j’écris, cela vient de mon expérience. Cela vient de mon corps. J’écris comme on hurlerait au vent, comme on crierait sa colère, comme un exprimerait le manque, l’incertitude, la douleur. Je ne sais pas écrire autrement. Dans mon « quelque chose qui a finalement fait 5 chapitres », il n’y a que cela : cette énergie qui me vient du mouvement. Cette connexion au sacré, qui se met en forme et qui se met en mot. A travers moi. AVEC MOI. Malgré moi. 

LA MAGIE.

Et le doute. 

 

Ah non, les doutes. 

 

Perfectionnisme

Je n’ai toujours pas écrit mon sixième chapitre. Il attend dans son coin, complètement terrifié. Il aimerait bien être parfait et il faudrait peut-être que je le rassure un peu. Mais j’en suis toujours incapable. Parce que je ne sais pas écrire avec la tête. Parce que j’ai bel et bien échoué à mon projet d’écriture lisse, cohérent et respectable. 

J’ai trouvé autre chose. Quelque chose qui n’a pas encore vraiment de vocable pour moi. Quelque chose qui a le goût des marées. De l’océan. Du vent dans les feuillages. De mes pas sur le sol nu. Du mouvement, du souffle, de la présence complète. DU PLAISIR DE ME SENTIR BOUGER. De la chaleur de chaque mouvement. De l’espace qui se crée. Et de l’énergie qui monte. L’énergie créatrice, celle qui me fait me tenir éveillée ici, pour t’écrire, à toi, dans la nuit.

Cette énergie créatrice me vient par le mouvement. Et le mouvement me rassure sur mes mots. Alors j’avoue que je ne sais pas où je vais. Avant j’avais prévu d’être prof de yoga et sophrologue. Je rentrais dans mes cases. Maintenant, j’ai aussi envie d’écrire le mouvement, le corps, la présence. En fait, ce n’est même pas une envie : C’EST UN SOUFFLE. Quelque chose de tellement fort, tellement puissant, qu’au début j’ai cru que j’allais disparaître. 

Mourir. 

 

Énergie créatrice

Je crois qu’il y a des mots qui remplissent des fonctions. Et puis il y a des mots qui s’écoulent. Moi, j’ai PEUR des mots qui s’écoulent comme de l’eau, et peur de mes marées intérieures. Car je ne sais pas où elles me conduisent. J’apprends au fil de mes mots quel est mon chemin de vie, parce qu’il ne rentre pas dans les cases. Je découvre qu’écrire, c’est être à l’écoute de mon ÉNERGIE CRÉATRICE. Qu’écrire a beaucoup à voir avec ma vie de femme. Avec le féminin sacré.

Il y a une puissance dans le sacré en laquelle je crois. Je pense que chacun de nous s’y connecte à sa manière. 

Incarner sa force, c’est oser se révéler. 

Se découvrir, au-delà des codes, des règles et des rôles sociaux. 

C’est exprimer son énergie, ses courants, SES MARÉES. C’est avancer avec l’énergie. C’est se découvrir au fil des moments, à chaque instant, et ne pas savoir où l’on met les pieds.

C’est écrire parce qu’il le faut. Parce que finalement, c’est un besoin ORGANIQUE. Cette urgence, c’est le mettre mot. Je suis une assoiffée des mots. Je suis aussi comme cela avec le mouvement. Parfois je me demande si ce processus d’écriture, je l’ai choisis. 

Je sais que non. On s’étonne autour de moi que je me mette aussi facilement dans la peau du « personnage ». De l’auteur. De l’écrivain.

 

C’est sans connaître l’urgence.

 

L’urgence d’être

Par moment, il est vraiment le temps d’être. 

Par moment on ne peut plus attendre. 

C’est tout de suite. 

Et c’est complètement égal que cela soit nouveau, troublant, abrupt, immature ou imparfait. 

 

Dans l’être il y a cette urgence. 

Alors même si tu crois que tu n’es pas encore prêt/e pour tes appels d’âme, OSE. 

OSE suivre cette urgence à te réinventer, te transformer, à créer et suivre ton univers. OSE incarner ce qui te fait vibrer, même si ce n’est pas aboutit, ou brouillon. Ose respirer dans cet espace du cœur, cet espace qui n’est là que pour toi, et pour personne d’autre.

Les urgences de l’âme, elles méritent d’être honorées. 

Alors autorises-toi. 

Et suis ce chemin même s’il n’a aucun sens et ne va nul part. 

 

Reprends pied.

 

P.S. : Tu veux en découvrir un peu plus sur le livre ? Viens par ici : Stress : une question de société.