Être femme n’est jamais quelque chose qui m’a appartenu. Il y a toujours eu cette contradiction : je voyais les femmes dans les magasines, dans les médias, je voyais la féminité, la séduction, la beauté, le charme, l’attraction.

Et je ne m’y voyais pas. Quelque part cela m’a protégée. J’étais tellement en dehors de l’énergie féminine que je n’en faisais pas partie. Alors oui, cela avait aussi ces désavantages : je ne me suis jamais sentie séduisante, j’ai beaucoup de peine à me faire des copines, je n’ai jamais ni les bons mots ni les bons comportements.

Je m’y suis habituée car je n’avais d’autre choix, et aussi car cela me donnait une liberté immense. Celle d’exercer des métiers d’hommes par exemple, ou de m’habiller de manière androgyne quand le cœur me disait.

Mais bien plus que cela, je me rends compte aujourd’hui que c’était une démission.

 

En dehors de l’énergie féminine

J’ai fais comme si je n’avais pas cette énergie féminine car celle que l’on me présentait à tout bout de champs sonnait faux.

Il est une illusion. Le féminin avec lequel l’on m’a éduquée n’existe pas. C’est une construction sociale. Une ambition aussi, pour beaucoup d’entre nous et un idéal à atteindre : c’est un chemin tout tracé mais certainement pas une expression.

Le féminin tel qu’il nous est compté n’est pas une expression du pouvoir féminin, mais plutôt un chemin de croix. Une route qu’il nous serait conseillé de suivre. Un chemin de docilité. Une route qui atténue NOS DYNAMIQUES CYCLIQUES, qui tente de nous minimiser. Qui nous murmure encore cette menace sourde et dissimulée : ne te reconnecte pas à ta puissance. Ne dis pas oui à tes CYCLES. N’écoute pas ton INTUITION. Ne t’épanouis pas dans ton corps. Ne te reconnecte pas à l’eau. N’écoute pas les éléments. Ne reviens pas à une démarche de soin. Ne sois pas fière de ton corps qui bouge librement.

Tu pourrais bien devenir hystérique. Tu pourrais bien perdre pied, devenir TROP SENSIBLE, LUNATIQUE, EXPLOSIVE, INSTABLE, ÉMOTIVE. Inarrêtable.

Tu pourrais bien être dérangeante.

La femme que l’on m’a invitée à incarner ne dérange personne. C’est un être fragile et délicat, qui ne s’indigne pas. C’est un être à qui on attribue les pétages de plombs à l’angoisse et non à la colère. Les fragilités psychiques à la faiblesse et non à la révolte. Les doutes et interrogations à des moments passagés. LE FÉMININ A ÉTÉ DESTITUÉ DE SON POUVOIR. Le féminin a été ridiculisé. L’énergie féminine a été violée.

 

Et cela depuis bien longtemps.

 

L’héritage du féminin

Alors, l’héritage du féminin est difficile à porter. Et je sais maintenant qu’il pèse sur absolument toutes les lignes féminines. D’un côté, il nous est proposé depuis l’enfance un chemin de pénitence à la recherche d’une ambition féminine qui ne nous honore en rien. Combien sont les femmes à détester leurs corps, leurs plaisirs, leurs désirs, leurs colères ?

De l’autre, se reconnecter au féminin sacré implique d’embraser la colère.

Colère, car sur des générations et des générations, le sacré a été RIDICULISÉ, TRAHIT, MEDICAMENTALISE à outrance, IGNORE, TIMORÉ, BLASPHÈME, REPRIT. Il n’existe aucune lignée féminine qui ne porte ni violence ni agression. Je crois que chaque femme vit en elle le poids intergénérationnel de ce féminin attaqué.

Lorsque l’on parle de féminin sacré, on parle de viol.

Se reconnecter à cette puissance signifie aussi se reconnecter aux  traumatismes dans le corps, dans le plaisir, dans le fait de s’honorer.

 

L’appel du féminin sacré

Je ne suis pas femme de part mon apparence.

J’incarne une énergie qui vient de la terre, une énergie chaotique, puissante, créatrice, englobante. Une énergie ressource. En tant que femme, je respire A l’UNISSON AVEC LA TERRE. Avec l’énergie source. Avec les ÉLÉMENTS. En tant que femme, je sens en moi la puissance de celle qui crée, qui sent, qui pressent. Je suis sensible mais certainement pas faible. Je suis émotive mais certainement pas en manque de contrôle.

HONORER.

Honorer la femme sauvage.

Honorer les plaisirs.

Honorer la puissance, la créativité.

 

Honorer la destruction, et la force de chaos.

Honorer tout ce qui a fait que le féminin a été ridiculisé, attaqué, rapetissé.

Si le féminin était faible, pourquoi aurait-il été autant attaqué de part les siècles ?

 

Alors.

Il est temps de t’HONORER.

Pour toutes les fois où tu as été victime.

Pour toutes les fois où le féminin dans son ensemble a été ridiculisé.

Pour toi. Pour ton chemin.

Pour ta PUISSANCE.

 

 

Et puis, je parle beaucoup de mon point de vue de femme, mais le féminin sacré est une énergie. Les hommes aussi peuvent l’incarner. Il n’y a pas de limites.

Je les aime ces hommes qui honorent le féminin sacré.

Peu importe homme ou femme. Nous sommes êtres.

 

Le temps d’honorer

Il est simplement temps de regarder en face cette prison dans laquelle les femmes sont éduquées, projetées et trop souvent maltraitées. Il est temps de regarder en face les violences perpétrées. Il est temps de redonner honneur au corps des femmes. Il est temps aussi, de faire confiance à cette énergie.Je comprends bien la peur du féminin sacré. Car j’ai eu peur moi aussi.

Faire le choix d’incarner cette puissance est terrifiant.

Bien sûr, j’aurais aimé moi aussi me connecter à quelque chose de plus doux. J’aurais aimer incarner un féminin qui ne soit pas révolté, qui ne connaissent pas les guerres intérieures, les agressions extérieures. J’aurais aimé rassurer les femmes qui m’entourent.

J’aurais aimé m’illusionner, d’un féminin qui n’était que l’apparence d’une ambition, et non une force capable tout autant de CRÉER que de DÉTRUIRE.

 

Mais ce ne serait pas m’honorer.

 

Sophie Amandine

 

 

P.S. : j’ai écris un article il y a peu sur l’importance du féminin dans le cas du Burn out, tu peux le trouver Ici.

P.P.S: n’hésites pas à me suivre sur Instagram pour plus de contenus sur ce thème ;).